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Ransomware 2026 : les 5 groupes qui ciblent les PME françaises

Ces groupes ne chiffrent plus d'emblée. Ils copient d'abord, restent invisibles, puis frappent. Ce que font Akira, RansomHub, Qilin, DragonForce et Medusa concrètement cette année.

Hakim Djelili7 min de lecture

Fin 2024, les cybercriminels ont opéré un glissement discret : ils ne chiffrent plus d'emblée. Ils copient d'abord, restent invisibles plusieurs semaines, puis frappent. Pour une PME, ça change tout. Vos sauvegardes ne suffisent plus à vous protéger d'une publication de données.

État des lieux

Ce qui a changé depuis 2024

+38 %

Hausse des attaques ransomware

Sur les PME françaises vs 2024

21 jours

Présence moyenne avant chiffrement

L'attaquant cartographie en silence

72 h

Délai de notification NIS2

Après détection d'un incident significatif

Pendant longtemps, le ransomware suivait un schéma simple : entrer, chiffrer, demander. Les PME qui tenaient leurs sauvegardes à jour s'en sortaient sans payer.

Ce modèle est obsolète.

Les groupes actifs en 2026 pratiquent quasi-systématiquement la double extorsion :

  1. Phase 1 (J-30 à J-7)

    Exfiltration silencieuse

    L'attaquant entre, cartographie le réseau, identifie les données sensibles (RH, comptabilité, contrats) et les copie discrètement vers un serveur externe.

  2. Phase 2 (J-0)

    Déclenchement du chiffrement

    En quelques heures, serveurs, postes et sauvegardes connectées au réseau sont chiffrés. La note de rançon apparaît.

  3. Phase 3 (J+1)

    Double pression

    Payer pour la clé de déchiffrement ET payer pour que les données ne soient pas publiées sur un site de leak public.

Qui attaque

Les 5 groupes actifs contre les PME françaises

1. Akira

Cible : ETI entre 50 et 500 salariés, industrie et services B2B.

Akira entre par des VPN Cisco non mis à jour, se déplace latéralement pendant 2 à 3 semaines, exfiltre comptabilité et contrats, puis chiffre. La rançon moyenne tourne entre 150 000 et 300 000 €.

2. RansomHub

Cible : Toutes tailles, tous secteurs. Modèle RaaS : les affiliés gardent 90 % de la rançon.

RansomHub est devenu en 18 mois la plateforme la plus utilisée par les affiliés francophones. Son modèle à 90/10 attire des opérateurs opportunistes qui ciblent sans discrimination. Particularité : un compteur public "temps avant publication" pour maximaliser la pression.

3. Qilin

Cible : Établissements de santé, collectivités, prestataires numériques.

Si vous êtes sous-traitant d'un hôpital ou d'une collectivité, vous pouvez être la porte d'entrée. Qilin entre par des identifiants volés sur des services exposés (RDP, portails métier).

4. DragonForce

Cible : Fabricants, distributeurs, transporteurs.

DragonForce cible les sous-traitants de grands groupes pour remonter vers la cible finale. Votre PME n'est pas la cible principale, c'est le passage obligé. Ce qui signifie que vous pouvez perdre un contrat majeur à la suite d'une attaque, même si vous payez.

5. Medusa

Cible : Cabinets d'expertise-comptable, cabinets juridiques, PME avec des données clients sensibles.

30 à 60 jours de présence avant l'attaque. Medusa publie la négociation en direct sur un blog public, visible de vos clients. Ce qui force à payer pour préserver la relation client, indépendamment de la restauration technique.

Se protéger

Les 5 mesures préventives prioritaires

  • Patcher vos équipements de périmètre sous 72 h après publication d'une CVE critique (VPN, firewall, RDP). C'est le vecteur d'Akira, DragonForce et la majorité des affiliés RansomHub.
  • Segmenter vos sauvegardes du réseau principal. Une sauvegarde connectée est une sauvegarde chiffrable. Règle 3-2-1 : 3 copies, 2 supports, 1 hors site.
  • Activer la MFA sur tous les accès distants : VPN, messagerie, outils de gestion. Un identifiant volé par phishing ne suffit plus à ouvrir la porte.
  • Surveiller les sorties de données inhabituelles. Une exfiltration génère du bruit réseau. Un EDR correctement paramétré peut le détecter avant le chiffrement.
  • Tester votre plan de reprise. Combien de temps pour remettre en production depuis zéro ? Beaucoup de PME ont des sauvegardes mais n'ont jamais testé la restauration complète.

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