Fin 2024, les cybercriminels ont opéré un glissement discret mais décisif : ils ne chiffrent plus d'emblée. Ils copient d'abord, restent invisibles plusieurs semaines, puis frappent. Pour une PME, ça change tout : vos sauvegardes ne suffisent plus à vous protéger d'une publication de données.
État des lieux
Ce qui a changé depuis 2024
+38 %
Hausse des attaques ransomware
Sur les PME françaises vs 2024
21 jours
Présence moyenne avant chiffrement
L'attaquant cartographie en silence
72 h
Délai de notification NIS2
Après détection d'un incident significatif
Pendant longtemps, le ransomware suivait un schéma simple : entrer, chiffrer, demander. Les PME qui tenaient leurs sauvegardes à jour s'en sortaient sans payer.
Ce modèle est obsolète.
Les groupes actifs en 2026 pratiquent quasi-systématiquement la double extorsion :
Phase 1 — J-30 à J-7
Exfiltration silencieuse
L'attaquant entre, cartographie le réseau, identifie les données sensibles (RH, comptabilité, contrats) et les copie discrètement vers un serveur externe.
Phase 2 — J-0
Déclenchement du chiffrement
En quelques heures, serveurs, postes et sauvegardes connectées au réseau sont chiffrés. La note de rançon apparaît.
Phase 3 — J+1
Double pression
Payer pour la clé de déchiffrement ET payer pour que les données ne soient pas publiées sur un site de leak public.
Qui attaque
Les 5 groupes actifs contre les PME françaises
1. Akira — Le spécialiste des VPN non patchés
Cible : ETI entre 50 et 500 salariés, industrie et services B2B.
Akira entre par des VPN Cisco non mis à jour, se déplace latéralement pendant 2 à 3 semaines, exfiltre comptabilité et contrats, puis chiffre.
2. RansomHub — La plateforme criminelle industrialisée
Cible : Toutes tailles, tous secteurs. Modèle RaaS : des affiliés louent la plateforme et gardent 90 % de la rançon.
RansomHub est devenu en 18 mois la plateforme la plus utilisée par les affiliés francophones. Particularité : un compteur public « temps avant publication » pour maximaliser la pression.
3. Qilin — Santé et sous-traitants de collectivités
Cible : Établissements de santé, collectivités, prestataires numériques.
Si vous êtes sous-traitant d'un hôpital ou d'une collectivité, vous pouvez être la porte d'entrée. Qilin entre par des credentials volés sur des services exposés (RDP, portails métier).
4. DragonForce — La supply chain comme vecteur
Cible : Fabricants, distributeurs, transporteurs.
DragonForce cible les sous-traitants de grands groupes pour remonter vers la cible finale. Votre PME n'est pas la cible — mais le passage obligé.
5. Medusa — Patient, méthodique et public
Cible : Cabinets d'expertise-comptable, cabinets juridiques, PME avec données clients sensibles.
30 à 60 jours de présence avant l'attaque. Medusa publie la négociation en direct sur un blog public, visible de vos clients.
Se protéger
Les 5 mesures préventives prioritaires
- Patcher vos équipements de périmètre sous 72 h après publication d'une CVE critique (VPN, firewall, RDP). C'est le vecteur d'Akira, DragonForce et la majorité des affiliés RansomHub.
- Segmenter vos sauvegardes du réseau principal : une sauvegarde connectée est une sauvegarde chiffrable. Règle 3-2-1 : 3 copies, 2 supports, 1 hors site.
- Activer la MFA sur tous les accès distants : VPN, messagerie, outils de gestion. Un credential volé par phishing ne suffit plus à ouvrir la porte.
- Surveiller les sorties de données inhabituelles : une exfiltration génère du bruit réseau. Un EDR correctement paramétré peut le détecter avant le chiffrement.
- Tester votre plan de reprise : combien de temps pour remettre en production depuis zéro ? Beaucoup de PME ont des sauvegardes mais n'ont jamais testé la restauration complète.
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